Tony Garnier

Biographie

Tony Garnier est né le 13 août 1869, dans le 1er arrondissement de Lyon (quartier de la Croix-Rousse) de :
Pierre Garnier, son père, dessinateur en fabrique,
Anne Evrard, sa mère, tisseuse.
De 1883 à 1886 : à 14 ans, il entre à l’Ecole Technique de la Martinière. Les connaissances acquises lui serviront pour l’étude des arcs à 3 rotules du marché aux bestiaux des abattoirs de Gerland.
De 1886 à 1889 : Ecole des Beaux-Arts de Lyon. Il obtient le 1er prix d’architecture, le prix d’honneur et le prix Bellemain, créé par Philibert Bellemain, membre de la Société Académique d’Architecture, destiné à permettre à l’élève architecte la poursuite de ses études soit à Lyon soit à Paris. Sans ce prix, Tony Garnier n’aurait pu arriver au Concours de Rome.
1889 : Concours d’admission de l’Ecole de Paris.
1899 : 1er Grand Prix de Rome. Départ pour la Villa Médicis à Rome pour une durée de 4 ans et « sans lequel il n’aurait rien pu dire ».
Voyages en Sicile, en Grèce, à Istanbul et en Egypte.
Obligation de consacrer ces 4 ans aux monuments antiques ou à la Renaissance, mais Tony Garnier préfère se consacrer aux problèmes plus actuels posés par le développement industriel et l’évolution sociale : l’urbanisme fonctionnel.
Influence sur la conception architecturale de Tony Garnier :
- naissance dans le milieu modeste des « Canuts » tisseurs de soie : conditions pénibles, maigre salaire.
- Idées socialistes véhiculées par Zola qui passionna si fort Tony Garnier.
- Evolution des techniques du béton armé et des ossatures métalliques.
1904 : Retour à Lyon
Le maire de Lyon de l’époque, Victor Augagneur, confie à Tony Garnier le projet de laiterie-vacherie municipale du Parc de la Tête d’Or (pour l’approvisionnement en lait des crèches de Lyon).
1905 : Succession du Maire de Lyon, Edouard Herriot.
Lors de la transmission des pouvoirs, Victor Augagneur a vanté les mérites de Tony Garnier. Edouard Herriot confiera les Grands Travaux de la Ville de Lyon à Tony Garnier.
De 1905 à 1938 : Tony Garnier réalise la majeure partie de ses oeuvres à Lyon (cf. rubrique « Réalisations architecturales »).
1938 : Tony Garnier quitte Lyon pour la Bédoule, près de Marseille, à regret. Il se sent coupé de tout ce qui avait été la raison d’être de toute son existence. La majeure partie de ses oeuvres ont été construites à Lyon.
19 janvier 1948 : décès de Tony Garnier.
Des élèves viendront, à la demande de Mme Garnier, prendre l’ensemble de l’oeuvre graphique et picturale. La majeure partie fut remise au Musée de Lyon.
Novembre 1949 : Transfert du corps de Tony Garnier au cimetière de la Croix-Rousse.

 

La cité Industrielle

Le projet de Cité Industrielle de Tony Garnier caractérise les idées nouvelles en matière d’urbanisme que sont la clarté et la simplicité.
Le projet de Cité industrielle est basé sur un principe de zonage : délimitation entre zone industrielle et zone résidentielle (à l’abri des vents, plus calme, au bord du fleuve).
Les principes
en sont les suivants :
Zone d’habitation
- immeubles peu élevés (3 à 5 niveaux),- espaces verts,- orientation Sud obligatoire pour les pièces d’habitation,- interdiction de toute cour ou courette fermée,- nécessité d’éclairage et de ventilation,- répartition des écoles primaires pour réduire le temps de trajet.
Zone administrative
La zone administrative est placée au centre de l’agglomération résidentielle. Elle comprend les différents organismes prenant en charge les besoins sociaux et politiques de la population ainsi que les édifices culturels.
Zone universitaire
Elle regroupe toutes les écoles secondaires.
Zone hospitalière
Cette zone est isolée de l’agglomération et placée dans une situation plus élevée bénéficiant ainsi de conditions climatiques favorables.
Présence « d’un centre commercial » regroupant des activités de commerce.
Présence d’un cimetière, d’une station de traitement des déchets.
L’ensemble est entouré de verdure et baigne dans une ambiance de jardins.
La cité de Tony Garnier est à échelle humaine : tout est aménagé pour l’homme et son bien-être. 
C’est ce qui fait de Tony Garnier le précurseur de l’urbanisme du XXème siècle.

 

Réalisations Architecturales

Les lieux de travail

- VACHERIE DU PARC
1904-1905
Parc Tête d’Or, Lyon 6ème

- LA HALLE TONY GARNIER
1909-1928
20 place des Docteurs Mérieux,
Lyon 7ème

- HOPITAL DE GRANGE BLANCHE
1910-1933
Place d’Arsonval,
Lyon 3ème

- USINE MERCIER
& CHALEYSSIN
1913-1914
Lyon 6ème

- ECOLE DE TISSAGE
1927-1933
Cours Général Giraud
Lyon 4ème

Les stades

- STADE ATHLETIQUE
DE GERLAND
1914-1926
Gerland, Lyon 7ème

- STADE NAUTIQUE
1928-1929
Gerland,
Lyon 7ème

Les logements

- LOGEMENTS
DE LA VACHERIE
1912
Parc Tête d’Or, Lyon 6ème

- VILLA DE L’ARCHITECTE
1911
Saint-Rambert, Lyon 9ème

- VILLA DE Mme GARNIER
1913
Saint-Rambert, Lyon 9ème

- QUARTIER DES ETATS-UNIS
1919-1934
Boulevard des Etats-Unis,
Lyon 8ème

- VILLA
1921
Saint-Rambert, Lyon 9ème

- VILLA GROS
1922
Saint-Didier au Mont d’Or

Les monuments

- MONUMENT
À EDOUARD AYNARD
1919
Parvis du Palais du Commerce, Lyon 2ème

- MONUMENT AUX MORTS
1920-1930
Ile aux Cygnes,
Parc Tête d’Or, Lyon 6ème

- MONUMENT AUX MORTS
1924
Montplaisir, Lyon 8ème

- MONUMENT
À AUGUSTE CHAUVEAU
1926
Ecole vétérinaire, Lyon 9ème

Les tombes

- TOMBE GAILLETON
1905
Cimetière de Loyasse,Lyon 5ème

- TOMBE GARNIER
1937
Cimetière Croix-Rousse,
Lyon 4ème

- TOMBE JANCERT
1940
Cimetière de Caluire et Cuire

 

L'homme, son caractère

Caractère de Tony Garnier et grands principes de son architecture :
- modeste, simple, dévoué,
- logique dans l’organisation des plans et volumes,
- sens des proportions, mesure et équilibre des plans,
- refus de tout gigantisme : favorise l’habitat individuel pour préserver un contact avec la nature,
- pour des immeubles collectifs : bâtiments ni très longs, ni très hauts, façades coupées de décrochements, larges passages d’une rue à l’autre,
- toitures-terrasses qui peuvent servir d’aires de jeux,
- goût pour l’authenticité des matières,
- structures sans ornement, sans moulure,
- rejet de tout décor inutile : constructions fonctionnelles,
- intégration au site : harmonie avec les lignes de la nature, grandes lignes horizontales et verticales,
- respect de l’échelle humaine,
- adaptation de la construction à son objet précis,
- développement des techniques du béton armé (économie des moyens et efficacité) et des structures métalliques.